Aller au contenu
Accueil » Articles récents » LE PHOTOVOLTAÏQUE SUR LES ESPACES AGRICOLES

LE PHOTOVOLTAÏQUE SUR LES ESPACES AGRICOLES

Le photovoltaïque dans les espaces naturels, agricoles ou forestiers

* Les Enjeux : l’utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières, la protection de la biodiversité et des paysages, la qualité de vie et l’activité des riverains.

Des dizaines de milliers d’hectares de forêts, de terres naturelles et agricoles sont aujourd’hui détruits et industrialisés par des centrales photovoltaïques, pour un demi-siècle à minima.

* Effets négatifs / biodiversité  :

– Le CONSEIL NATIONAL DE LA PROTECTION DE LA NATURE (2024) a recommandé « de cesser le déploiement de centrales photovoltaïques sur les espaces semi-naturels, naturels et forestiers et incluant toutes les zones humides, en raison de leur incidence importante sur la biodiversité, de leur incohérence avec les objectifs d’adaptation et d’atténuation du changement climatique et du risque accru d’incendies ».

– les travaux d’installation et l’équipement en panneaux, transfos et câbles électriques, soit des dizaines de tonnes de métaux par hectare impactent la biodiversité des champs et la qualité des sols.

– Ces enclos fermés contrarient la circulation de la faune.

Rapport fédération nationale parcs régionaux : effets alarmants sur le sol + Interactions délétères sur les oiseaux et perturbation des pollinisateurs.

Mensonge des énergéticiens vantant les mérites de l’agrivoltaïque qui amélioreraient l’ombrage et feraient baisser la température au sol recouvert !

– Depuis quand l’ombrage des panneaux seraient plus profitables au bétail que les arbres et les haies ? La fertilité de la terre, la qualité de l’herbage serait meilleure sous les panneaux ? Une étude a montré une baisse de rendement sur les vergers équipés (PO).

* Effets négatifs / nécessaire évolution de l’agriculture :

L’agrivoltaïsme ne doit pas concurrencer les pratiques fondées sur la nature, comme l’agroforesterie aux effets bénéfiques. Il risque de renforcer les logiques agro-industrielles et qui vont contre l’agroécologie.  Le foncier agricole doit conserver son rôle nourricier.

L’encadrement actuel (loi APER de 2023) et le décret d’application de 2024, ne permet pas d’empêcher les projets mettant en péril le maintien de l’activité agricole à vocation alimentaire. La priorité doit être de préserver la surface agricole déjà très menacée par les aménagements divers : entre 2009 et 2023, 350000 hectares d’Espaces naturels Agricoles et forestiers (ENAF) consommés (chiffrage établissement public CEREMA).

* Effets négatifs / profession d’agriculteur :

– Un propriétaire foncier qui loue ses terres en Ariège à 150 € l’hectare touchera de 2 à 3000 € par an pour les louer à un énergéticien qui devient le locataire officiel, soit 100 000 € pour 40 ha quand la culture rapporte 100 € l’ha.

– L’ agriculteur qui bénéficiait de la sécurité d’un fermage n’a qu’un « contrat d’entretien » sans garantie de la pérennité de sa surface d’exploitation.

la rente financière créée par l’installation d’un projet agrivoltaïque déstabilise le marché foncier, fait s’envoler les prix des terres (7000 € l’ha en Ariège) : La Confédération paysanne estime qu’il y a un rapport de 1 à 10 ou 30 pour le fermage (51% des terres agricoles) et un rapport de 1 à 3 ou 6 pour l’achat.

Risque de blocage du renouvellement des baux, frein à l’installation des jeunes agriculteurs, à cause de la flambée des prix + terres potentiellement perdues pour l’agriculture quand les propriétaires-exploitant.es partant à la retraite ne veulent pas revendre pour ne pas perdre cette manne financière.

la production d’énergie devient plus rémunératrice que la production alimentaire, accentuant la non-reconnaissance du travail paysan. La priorité devrait être de revaloriser celui-ci pour permettre aux agriculteur.ices de vivre dignement de leur travail de production d’alimentation. Les paysannes et paysans deviennent des éleveurs d’électrons ou des cultivateurs de kilowatts.

* Effets négatifs sur les activités riveraines :

à caractère touristique (hébergements ou ventes produits) souffrent de l’impact paysager et environnemental forts des panneaux. Ainsi à la Bastide de Besplas en Ariège, dans la plaine de Sogobère, ce sont 15 emplois qui s’estimaient impactés par un projet PV de 40 ha ! Et peu de bénéfices pour les habitants de la commune.

* Solutions préconisées :

ADEME : (l’Agence de la transition Energétique) affirme : « le gisement constitué par les friches industrielles ou de services, en aire urbaine et sur des sols déjà artificialisés représente environ 100 000 ha en France ». (Cahiers Techniques du Bâtiment, juin 2023).

CNPN : « Plusieurs études suggèrent que l’objectif de 100 GW peut être atteint en mobilisant uniquement des espaces artificiels (toitures, hangars agricoles existants, parkings, friches industrielles, artisanales, commerciales.) »

France territoire solaire (Photosol, Sun’R, le Syndicat des Énergies Renouvelables et Enerplan) a affirmé qu’il y a assez de friches industrielles pour multiplier par six la production photovoltaïque.

à Les départements et intercommunalités devraient fournir l’estimation de ces surfaces afin de planifier le développement du photovoltaïque au plus près des besoins. A l’inverse, la DDT et la préfecture d’Ariège ont communiqué aux professionnels une liste d’espaces naturels susceptibles d’être équipés.

CONCLUSION : La tendance est au déploiement solaire sur les espaces agricoles et naturels, en conséquence du lobbying et en contradiction avec les recommandations.

à Le frein est le coùt du foncier en périphérie des centres urbains. Pourtant on estime à seulement 10% le surcoût des installations hors terres agricoles, à payer pour protéger celles-ci, sans augmentation du prix de l’électricité.

Si le solaire s’est déplacé contre toute logique en campagne c’est que son installation y parait possible sur de grandes surfaces et qu’elle y est plus rentable. Quant à l’agrivoltaïsme, il est l’alibi tout trouvé.

Ces projets prospèrent contre nature en profitant de la difficulté du monde agricole englué dans un modèle qui les détruit, et en misant sur l’effet d’aubaine qui dans ces conditions, peut séduire certains exploitants.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *