Nous avons rencontré hier à Montbel les porteurs du projet. Pour ma part, j’ai été choqué par leur besoin absolu de démontrer l’utilité de ce projet de détournement de l’eau du Touyre au profit de la retenue de Montbel pour « sécuriser » celle-ci.
Voici 3 exemples parmi d’autres qui illustrent cette impression :
D’abord, le curieux changement d’objectif du projet. Le mot irrigation n’est plus prononcé, il laisse la place au soutien d’étiage de la Garonne. Alors que le projet reste le même.
Ensuite, les projections exagérées des conséquences du changement climatique. A l’horizon 2050, les besoins en eau auraient doublé. Notre vision est différente. Les scientifiques s’accordent à prédire des changements dans la périodicité des précipitations mais pas dans la quantité. Nous faisons aussi remarquer que les besoins qui justifient ce projet dépendent des usages qu’on veut en faire. Si nous considérons qu’il faut continuer sur la lancée l’irrigation de cultures inappropriées comme le maïs, il est sûr que nous allons dans le mur.
Enfin, je citerai la volonté affichée des décideurs de correspondre à tout prix aux préconisations des scientifiques, sans que cela transparaisse pour autant dans le projet. Nous avons bien noté l’intention des porteurs de projet de faire un « mix » de solutions mais nous ne l’observons pas. Je dirais même plus, ces solutions, comme par exemple les SfN (Solutions fondées sur la Nature), sont en complète contradiction avec le projet. Comment prôner en même temps un stockage en surface qui prive la rivière d’eau et une mise en réserve d’eau dans les sols par la même rivière privée d’eau ?
La liste des vrais-faux arguments des décideurs n’est pas exhaustive.
En conclusion, d’un point de vue citoyen que je représente, le projet proposé est archaïque et me fait penser à ceux d’il y a 30 ans sur le Touyre. Par la technologie, on n’est jamais parvenu à réalimenter un Touyre qui en avait bien besoin lorsque les usines textiles utilisaient son eau ! De même qu’on n’est jamais parvenu à faire une STEP digne de ce nom à Laroque !
On nous parle à nouveau de réalimenter le Touyre en période de fort étiage par un retour de l’eau de la retenue, mais seulement si la qualité de l’eau autorise cette restitution ! Comment envisager qu’on double le coût du projet pour cela alors qu’on risque de polluer le lac des sédiments de la rivière et que l’eau du même lac est à 25° en plein été quand celle de la rivière est à 15° ?
Les citoyens riverains que nous sommes veulent avant tout la vie d’une rivière naturelle et non sa destruction.
Texte de Gilbert Chaubet pour le collectif PTAT
